"Beaucoup de gens n'ont jamais vu un robot"

Du 26 février au 2 mars, Viva Fabrica organise un important événement à Lille et à Dunkerque pour faire rayonner l’industrie et attirer des talents. 25 000 visiteurs sont attendus. Trois questions à Corinne Jouanny, directrice de l’activité industrie intelligente chez Cap Gemini, partenaire de l’opération.

Publié le 03/02/2025 par Olivier Ducuing / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

L’industrie française s’est beaucoup réduite depuis des décennies. Peut-on croire à son réveil demain ?


Oui, il est encore temps ! La région Hauts-de-France incarne ce volontarisme, avec la mise en place d’un écosystème industriel réunissant des acteurs mondiaux, des partenaires et des acteurs publics et privés en soutien. Les conditions du succès sont réunies, notamment sur la transformation très profonde vers l’économie durable, comme à Dunkerque avec le hub de la décarbonation et des écosystèmes public-privé qui créent une spirale extrêmement positive. Il est encore temps de remobiliser et de redonner envie aux jeunes, aux personnes en réinsertion, mais aussi aux femmes, de rejoindre ces usines. Quand on a vu partir nos usines au bout du monde il y a trente ans, on souffrait d’un déficit de compétitivité. Aujourd’hui, les solutions digitales sont disponibles. Beaucoup de choses ont changé.

Pourquoi Viva Fabrica ?

On a créé l’événement en 2018, ça s’appelait alors l’Usine extraordinaire. Ce sont des industriels engagés qui ont pris le taureau par les cornes, pour amener l’usine dans la ville. On vise à changer le regard des jeunes sur l’industrie, très tôt, dès le collège et le lycée, quand les orientations commencent à se dessiner. Songez que 70 000 emplois industriels n’étaient pas pourvus en France l’an dernier. Mais beaucoup de gens n’ont jamais vu un robot. Ce n’est pas la communication qui porte Viva Fabrica mais bien les opérateurs de terrain, les ingénieurs et les patrons.

Les plans sociaux fleurissent et la crise semble s’installer. L’industrie reste attractive malgré tout ?


On est en effet dans une situation où il faut serrer les voiles et continuer à avancer. Mais être dans l’industrie, c’est être un acteur du changement. Oui le placement de Northvolt au chapter 11 amène des perturbations, mais ça ne va pas arrêter les gigafactories, ça doit être un facteur d’accélération del’efficience, comment faire plus vite et mieux. On a besoin des technologies vertes, il faut les produire de manière plus efficace en étant plus créatif et inventif. L’industrie permet cet accomplissement. Dans le monde de l’atelier, vous êtes écouté, valorisé. En étant dans les usines, vous pouvez impacter la vie des gens !