Grand AngleN° 2 - mai 2010

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Sineo entre rentabilité et employabilité


Depuis sa première agence ouverte à Lille il y a cinq ans, l'entreprise d'insertion spécialisée dans le nettoyage de véhicule (presque) sans eau et biodégradable Sineo a connu une expansion spectaculaire, avec 30 sites(dont 5 succursales et 25 franchises). David Becuwe, directeur de l'agence lensoise nous livre sa vision de l'insertion par l'économie.


Entre insertion et profit, lequel l’emporte ?

Dans une entreprise d’insertion, la préoccupation majeure est humaine. Preuve en est, en tant qu’entreprise d’insertion, nos contrats (CDDI) nous permettent de conserver un salarié pendant une période maximale de deux ans. Ce contrat est un tremplin pour les salariés qui leur permet de remettre le pied à l’étrier, de se réhabituer a se lever le matin, à travailler en équipe, à répondre à des règles et à des objectifs. Même si nous sommes plus souples qu’une entreprise ordinaire, nos salariés sont notre vitrine chez nos clients et doivent donc respecter des consignes, des délais et créer de la satisfaction client. Pendant deux ans, ils sont formés pour être employables dès leur sortie. Nous nous séparons donc de nos salariés au moment où ils sont le plus performants et où ils commencent à faire du profit.
Même si la rentabilité n’est pas notre seul objectif, nous avons aussi des objectifs commerciaux comme entreprise marchande soumis à la concurrence,. Nous avons des comptes à rendre à notre direction. Les trois premières années de la création d’une agence, nous avons droit à des pertes, mais les années qui suivent doivent dégager du cash flow !
Notre principale motivation reste d’accroître le taux de sortie vers l’emploi durable. Aujourd’hui, 50 à 60% de nos salariés trouvent un emploi stable avant la fin ou dans les six mois suivant la fin de leur contrat de travail chez nous.

Quelle motivation pousse les clients à contacter Sinéo ?

Les aides de l’Etat et de l’Europe nous permettent d’être compétitifs. Pour les grandes entreprises clientes, la motivation est très souvent économique et ils attendent de nos salariés un service tel que celui qu’aurait pu proposer une entreprise classique. Pour d »autres clients, plus compréhensifs, comme la CAF, la GRDF, Pas de Calais Habitat…, la motivation est davantage écologique et sociale.


La clause d’insertion : un réel effet levier

La clause d’insertion du code des marchés publics a pour objectif de faire de la commande publique un  » levier social « . Sur un principe simple : quand la collectivité lance des marchés mobilisant beaucoup de main d’oeuvre, elle peut inscrire dans le cahier des charges une clause  » d’insertion  » qui précise que l’entreprise titulaire du marché doit favoriser l’embauche de personnes en insertion. Celle-ci est alors tenue de procéder à l’embauche de personnes en difficulté, selon un pourcentage minimum d’heures de travail, généralement compris entre 3 et 15%.

Le PLIE accompagne l’entreprise dans le recrutement de salariés répondant au plus près à ses besoins. Il procède à une pré-sélection des candidats pour palier au décalage entre la représentation du poste de la SIAE et les besoins réels du poste. Ce procédé permet de rassurer l’entreprise qui comprend que les personnes en insertion peuvent véritablement combler les pénuries de main d’oeuvre notamment dans le bâtiment.

«  Les clauses d’insertion ont engendré 50 000 heures d’insertion entre 2008 et 2009 « , chiffre Pascale Pinte, du PLIE Lens Liévin qui prévoit 65 000 heures d’insertion pour 2010.  » Pour les personnes il s’agit de contrats de période d’une semaine à un an « . « Aujourd’hui, nous assistons à une montée en charge des marchés comprenant cette clause  » se satisfait Philippe Lefèvre, du Plie lensois

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