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« Ne tuons pas nos entreprises, nos emplois, notre épargne »

Le 12 avril 2017


Par Frédéric Motte, Co-gérant du Groupe Cèdres Industries, président du Medef Hauts-de-France.


fredericmotteLes 23 avril et 7 mai prochains nous aurons à choisir le Président de notre République.  La première nécessité pour tout citoyen : VOTER.
La seconde, par-delà les sensibilités de chacun, est de tout mettre en œuvre pour favoriser le retour au PLEIN EMPLOI.

Face aux mutations en cours dans notre économie, je constate que certains candidats proposent comme solution la sortie de l’euro.

Moi, chef d’entreprise, faisant travailler directement et indirectement plusieurs centaines de salariés, je m’élève contre cette mesure qui serait tout simplement mortifère pour notre économie, nos emplois, notre pouvoir d’achat, notre épargne, notre pays.

Faisons tomber quelques idées reçues et rappelons des acquis non négligeables :
– L’euro c’est la deuxième monnaie au monde
– 340 millions de consommateurs partagent la même monnaie,
– 60% de notre commerce extérieur est fait en euro
– L’euro a permis de maintenir une inflation faible depuis 15 ans et donc d’emprunter et d’investir plus facilement grâce à des taux d’intérêts bas.
– L’euro n’a pas fait baisser le pouvoir d’achat, ce sont les hausses de fiscalité (locales, nationales, charges) qui l’ont pénalisé.

Chacun doit prendre conscience qu’en sortant de l’euro, on entraîne une dévaluation de la monnaie de près de 15 à 20%.  De facto, ce seront mes emprunts qui coûteront plus cher à rembourser de 15-20% et mes nouveaux emprunts seront à des taux plus élevés. Mes marges vont tellement baisser que nous ne pourrons plus investir. Or, mes investissements de demain sont les emplois d’après-demain. Plus de marge, c’est à court terme la mort de mes entreprises et donc la suppression des emplois, idem chez mes sous-traitants. Ce sera une baisse de pouvoir d’achat pour TOUS les ménages. Le ‘’panier de la ménagère’’ augmentera de près de 15% car la France est hélas largement importatrice des biens que nous consommons. Notre litre d’essence augmentera mécaniquement. Demain emprunter pour acheter une voiture ou une maison : il faudra accepter des taux d’intérêts plus élevés. C’est notre épargne qui fondra d’autant.
Sans oublier que la dette de l’État est détenue à 70% par des investisseurs étrangers. La rembourser ou emprunter de nouveau sur les marchés nous coûtera toujours 15-20% plus cher. Aujourd’hui et demain le coût des seuls intérêts restera le premier poste de dépenses du budget de l’État.

Chacun est libre de penser quelle est la bonne politique : celle de l’offre ou de la demande voire un mixte des deux, mais il est une politique tout simplement CATASTROPHIQUE et ruineuse pour nos concitoyens, nos entreprises, mes salariés, notre pays, c’est la sortie de l’EURO.

Moi chef d’entreprises, j’appelle la communauté des entrepreneurs à faire œuvre de pédagogie pour expliquer, toujours et encore les risques colossaux que prend notre pays face à de telles propositions.