EntreprendreEdito- n°61-mai 2016

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Les jeunes veulent vivre l’entrepreneuriat


Nicolas Jeanne et Charles Desmarquoy, diplômés 2015 du BBA Edhec et jeunes créateurs d'entreprise.


Nicolas Jeanne et Charles DesmarquoyEn 2015, les investissements dans les start-up en France ont doublé par rapport à l’année précédente, pour atteindre près de 1,8 Md€. Contrairement à certaines rhétoriques expliquant que la France n’est pas un pays où il fait bon entreprendre, l’environnement socioéconomique s’avère en réalité favorable, grâce à la multiplication des dispositifs d’aide (incubateurs, accélérateurs) et à la qualité du tissu de formation. Alors que beaucoup s’attachent à répéter que les opportunités business et d’emploi sont à l’international, l’entrepreneuriat a particulièrement la cote chez les jeunes générations. Inspirés par les success stories Blablacar ou Michel & Augustin, ils cherchent à imaginer le service ou le produit qui viendrait provoquer cette fameuse rupture de marché.

D’après l’étude réalisée en 2015 par l’EDHEC NewGen Talent Centre, qui a interrogé 2 250 étudiants sortant de classes préparatoires, près d’un tiers d’entre eux s’imaginent entrepreneur plutôt que salarié (contre 22% en 2014). une posture nouvelle qui peut être rapprochée des principales caractéristiques de la génération Z, ces jeunes nés après 1995 que l’on décrit comme encore plus connectés que les Y mais surtout plus engagés et plus créatifs ! L’entrepreneuriat semble alors être le milieu naturel de cette jeune génération qui aspire à fonctionner au sein d’environnements professionnels décontractés et selon des organisations du travail résolu- ment collaboratives.

Parallèlement à cet avènement de cette jeune génération créatrice, la communauté des entrepreneurs tend de plus en plus à se fédérer. On assiste à des collaborations spontanées de talents souvent prêts à aider et à apporter des idées. Derrière un projet entrepreneurial, se cachent ainsi une dizaine de personnes plus ou moins impliquées qui vont partager leurs expertises et contribuer à la réussite de la start-up. Cette solidarité entre entrepreneurs a de beaux jours devant elle. Elle doit en revanche se consolider sur certains fronts comme la gestion administrative, les financements, la mise en place des bons partenariats, etc. En disposant de plateformes ou de dis- positifs capables de les orienter et de donner des coups d’accélérateurs à leur projet, on augmenterait d’autant les chances de succès des start-up françaises.