EntreprendreEdito n°69-Mars 2017

> TRI

Les Hauts-de-France se projettent aux avant-postes du biogaz


Créé en 2014, le Comité Opérationnel Régional du Biométhane Injecté (CORBI) vise les 40 unités d’injection d’ici 2020. De quoi porter la région au rang de leader européen de cette énergie propre.


biomethaneLa région dispose des meilleurs atouts pour carburer au biométhane : une filière agricole et agroalimentaire puissante et donc un volume d’intrants à l’avenant ; et 24 000 kms de réseaux de gaz – soit 12% du réseau national pour distribuer cette énergie verte produite localement à partir de la fermentation de coproduits de ces filières. « C’est très facile de mettre à profit ce réseau pour y injecter du biométhane par différents moyens », affirme Didier Copin, directeur Troisième révolution industrielle à la CCI Hauts-de-France. C’est le credo du CORBI. Cet organisme informel coanimé par la CCI Hauts-de- France et GRDF réunit tous les deux mois les partenaires économiques et institutionnels, dont le Conseil régional,  l’ADEME, la Chambre d’Agriculture Régionale ou encore le Pôle Energie 2020, tous impliqués dans le développement du bio- méthane en région.

Sa mission ? Animer la filière, accompagner les porteurs de projets et encourager l’installation de nouvelles unités. » Les Hauts-de-France comptent déjà 6 unités qui injectent leur production directement dans le réseau GRDF. Deux autres démarreront dès ce printemps dans l’Oise, à Saint-Maximin et Senlis. Les membres du CORBI espèrent en déployer 34 supplémentaires sur le territoire d’ici 2020 conformément à l’objectif fixé par le manifeste du comité. A la manière d’un think-tank, ce dernier planche sur la façon de faire face aux difficultés rencontrées par les porteurs de projet ou les collectivités pour réussir une installation. « Nous sommes un club qui lance des idées et des plans d’actions », résume Bruno Waterlot, chef de projet biométhane en Hauts-de- France et Normandie pour GRDF. Plu- sieurs groupes de travail s’attellent à différentes thématiques comme la sécurisation du volume d’intrants, la réglementation ou bien encore la valorisation du digestat, un résidu récupéré en fin de process et réutilisable en agriculture.« Nous travaillons aussi sur l’appropriation des projets et l’acceptabilité par les populations. Beaucoup de sujets sont à aborder pour démystifier la méthanisation », pointe Nathalie Barbry, conseillère entreprise à la CCI Hauts-de-France.

Le Corbi tient à s’assurer que les futurs investissements profiteront aux PME locales. En particulier la filière industrielle qui produit les cuves de méthanisation ou les systèmes d’épuration du biogaz à l’instar de l’entreprise Chaumeca, spécialiste du traitement des gaz basé à Haubourdin. C’est le rôle du programme Méthania. Ce cluster rassemble 11 entreprises pour concentrer leurs forces sur les appels d’offres et les prémunir contre la concurrence de pays plus avancés comme l’Allemagne. Car l’enjeu ne concerne pas que les usages quotidiens comme le chauffage et l’eau chaude. Dans une région de plus en plus tournée vers la logistique, la filière biométhane doit aussi accompagner l’essor d’une mobilité plus durable grâce à la promotion du gaz naturel véhicule (GNV) et plus particulièrement sa version 100% renouvelable appelé bio-GNV  encore le le développement du gaz naturel comprimé GNC.  Six ou sept nouvelles stations devraient ainsi ouvrir courant 2017…
Etienne Vergne