EntreprendreEco121 - n°57 - Décembre-Janvier 2016

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L’éolien maritime se voit pousser des ailes en région


Cote d’Opale. En vue du prochain appel à projet national sur l’éolien en mer, élus et porteurs de projets veulent entraîner les entreprises locales.


eolien_mer_bd« Nous sommes au carrefour pour développer le champ de l’éolien en mer : c’est un enjeu stratégique ». Frédéric Cuvillier, député-maire de Boulogne sur Mer, voit dans le 3e appel à projet de l’Etat pour l’éolien en mer une véritable opportunité pour la construction d’une nouvelle filière sur son territoire. L’ex-ministre de la mer en- tend bien bénéficier des retombées économiques pour les collectivités. « C’est une manne financière extrêmement importante. On ne peut pas dénoncer la baisse des dotations d’Etat et refuser l’arrivée de l’éolien en mer. On serait alors une des seules façades maritimes à ne pas s’intéresser à ce gisement économique ». Au total, cela représenterait 2 M€ pour la quinzaine de communes concernées. Deux parcs, l’un près de Berck appelé Boulogne Grand Large, l’autre à Dunkerque pourraient voir le jour. Les élus de la Cote d’Opale et le cluster Windustry porté par Dunkerque Promotion tentent donc de mobiliser le tissu industriel. Mi- novembre, la CCI Cote d’Opale organisait à Boulogne une journée d’informations afin d’inciter les acteurs potentiels à se préparer. Pour l’occasion, le groupe WPD, porteur du projet Boulogne Grand Large, est venu présenter ses besoins et partager ses retours d’expérience. La société française, partenaire du Campus de la mer à Boulogne, possède déjà un parc offshore en Allemagne avec 48 MW en exploitation. Depuis 2008, elle réalise des études pour une ferme d’une quarantaine d’éoliennes pour une puissance de 250 MW répartie sur une surface d’environ 40 km2. Elle prendrait place sur la baie d’Authie, au-delà de 15 km des côtes. La zone présente des atouts notamment grâce à une faible profondeur et un coût de raccordement modéré présentant « compétitivité et coût d’électricité parmi les moins chers » selon WPD qui estime la construction de ce parc à un milliard d’euros.

 

 

85 entreprises potentielles
« Nous visons des entreprises pour les câbles, la maintenance et la sous-traitance. On fait tout pour qualifier des acteurs locaux, comme nous avons pu la faire en Allemagne », indique Vincent Bales, DG de WPD offshore France qui a d’ores et déjà cartographié plus de 85 entreprises potentiellement partenaires en chaudronnerie, tuyauterie, mécanique, soudure, maintenance, ingénierie et études, et revêtement. Mission pédagogie donc pour expliquer les critères de sélection « comme l’anglais, les normes de qualités, la capacité à pour- suivre des travaux en mer… » En région, Windustry réalise aussi ce travail d’informations pour favoriser les retombées économiques sur le territoire. « Nous montrons aux entreprises qu’il y a un marché et qu’elles ont des compétences pour en profiter », promeut Daniel Grondin, pilote régional du cluster dont la mission est de valoriser les savoir-faire industriels auprès de donneurs d’ordre, soutenir techniquement les PME souhaitant accéder au marché éolien et accompagner commercialement la filière. Reste à l’Etat à officialiser son 3è appel à projet. Une annonce d’ici la fin d’an- née est espérée pour un choix du can- didat mi-2017 et une livraison à horizon 2024. Julie Dumez