TRIEdito n°71- Mai 2017

Le club Noé cultive des nouveaux modèles économiques


Depuis 2013, ce réseau s'efforce d'insuffler le développement durable au cœur des stratégies d'entreprises et des collectivités.


clubnoebisLa crise de 2008 a remis en cause bien des paradigmes. Et forcé les PME à se réinventer ou les collectivités à repenser leurs actions publiques. Aux antipodes du modèle industriel de jadis, les 50 adhérents du club Noé promeuvent et développent en leur sein l’économie de la fonctionnalité et de la coopération. La structure est née en 2013 sous l’impulsion du CJD, Réseau Alliances, Atemis, le CERDD, le CD2E, la CCI Grand Lille et le Conseil Régional Nord Pas de Calais. Elle se propose d’aider les entreprises à « intégrer le développement durable au cœur de la création de valeur de l’entreprise« , résume son président Didier Dumont. Chacun des membres fondateurs menaient déjà leur propre dispositif similaire. « Il y avait plusieurs initiatives intéressantes autour de ce système là mais pas de coordination et peu de partage d’expériences« , remarque Didier Dumont.
En quoi consiste la démarche ? Une entreprise cherche un second souffle et à donner plus de sens à son activité. Les membres du club Noé l’aideront à identifier et dépasser les limites de son modèle économique et explorer de nouvelles voies de développement. Didier Dumont cite en exemple la plateforme Gesnord. Basée à Courrières, l’entreprise gère les agendas de cabinets médicaux. En situation critique, l’entreprise a envisagé un temps de délocaliser son centre d’appels pour rester compétitive. La direction a finalement réorienté son service de manière à soulager le planning de praticiens surchargés et lutter contre la désertification médicale. » Ainsi, l’entreprise ne vend plus un nombre de rendez-vous pris, mais une performance visant à apporter un équilibre vie professionnelle/vie personnelle et à lutter contre la désertification médicale. La valeur qu’elle crée est complètement différente« , souligne Didier Dumont.clubnoe

 

 

Accompagnement collectif
En général, l’entreprise amorce une réflexion avec l’un des membres fondateurs du club à travers un accompagnement collectif de 18 mois. Le club Noé intervient en seconde phase pour faciliter la transition d’un modèle à l’autre. Pour faire évoluer son offre, l’entrepreneur peut intégrer des groupes de travail thématiques pour engager des coopérations et échanger des bonnes pratiques. Elle peut rencontrer, lors de rendez-vous personnalisés, des experts et des personnes ressources en fonction de leur problématique ou assister à une journée de formation. Enfin, le club organise trois ou quatre fois par an des plénières. L’occasion d’entendre des témoignages d’entreprises ou de collectivités engagées dans ce nouveau modèle économique. « Il n’y a pas qu’un seul modèle. Nous voulons sortir d’un modèle productiviste et standard qui est à bout de souffle qu’il s’agisse de la recherche d’une croissance infinie dans un monde aux ressources finies, le développement des burn-out, la saturation des marchés ou l’obsolescence programmée… Un cadre de réflexion et des concepts sont mobilisés mais il n’y a pas de solution dédiée. Deux entreprises qui sont dans le même secteur n’ont pas la même expérience, les mêmes compétences ou ne sont pas sur le même territoire. C’est donc du sur mesure qui permet de sortir d’un certain nombre de limites« , explique Didier Dumont. Depuis sa création, le club Noé et ses membres fondateurs, accompagné par le Conseil régional Hauts-de-France et la CCI Hauts-de-France , ont ainsi accompagné 90 entreprises et des collectivités territoriales. « Selon une enquête, chacune a en moyenne créé un emploi grâce à cette démarche« , avance le président du club.

EV