EntreprendreEdito n°74-Septembre 2017

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La curiosité… n’est plus un vilain défaut


Par Alexis Roquette, directeur associé de Quintesens.


alexis roquetteDepuis quelque temps maintenant, et c’est heureux, cette affirmation n’est plus considérée comme une provocation.
Elle vient cependant se heurter à plusieurs millénaires d’histoire de l’humanité, et plus particulièrement an- tique et judéo-chrétienne. Histoire qui nous a longtemps culpabilisés, et convaincus que la curiosité est un vilain défaut !
Eve, mangeant la pomme, qui succomba au désir de découvrir ce que se- rait sa vie si elle croquait dedans, manipulée par le serpent, le malin. Cette soif de curiosité se traduisit par la colère de Dieu qui chassa Adam et Eve du paradis, les condamnant à la souffrance et à la mort.
Icare, qui avec l’aide de son père Dédale, s’échappa du labyrinthe mais dont la curiosité trop vive de se rapprocher du soleil, fit fondre ses ailes et le précipita dans la mer, dans laquelle il se noya.

Ces deux seuls exemples, bien présents dans l’imaginaire populaire, n’incitaient pas à la curiosité et à la découverte ! Et de manière traumatisante, puisque dans les exemples pré cités, cela n’engendre que souffrance et mort ! S’il est plus aisé aujourd’hui de démontrer que la curiosité est une qualité, elle n’en est pas moins difficile à développer.
Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, la sur-information, la reconfiguration permanente, l’obsolescence ultra rapide de la connaissance ne nous prédisposent plus à être curieux. A quoi bon se montrer curieux puisque tout se délite et s’évanouit ?
Or la curiosité est un pré-requis à la créativité, à l’innovation. Sans curiosité initiale, point de découverte, point d’invention. Elle est donc vitale à notre humanité et à notre évolution ! Elle est d’ailleurs, plus pragmatiquement, de plus en plus recherchée dans les profils d’embauche.
Il est rafraichissant d’être convaincu que nous avons tous une capacité à développer notre curiosité. Je vous en partage quelques pistes. Basiquement, apprendre à regarder. Ouvrir les yeux, regarder et ne pas se contenter de voir. Marcher tête haute (dans tous les sens du terme), garder son esprit en éveil.
Egalement changer son regard, accepter qu’il existe plusieurs vérités. Changer son regard, c’est aussi changer de paradigme sur les situations et sur les Hommes.
Enfin, accepter de partir à la découverte de soi-même. Mieux se connaître, mieux s’accepter pour entrer en résonance avec l’environnement, développer son envie d’apprendre sur soi-même et sur les autres.
La curiosité… est une magnifique qualité !