TerritoiresEdito- n°61-mai 2016

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La banane française monte en régime à Dunkerque


Loon-Plage. 150 emplois seront créés chez Dunfresh pour assurer la logistique de la nouvelle marque « la banane française », qui connaît un vif succès.


 banane

 

Les Antilles sont pourvoyeuses d’emplois sur le port de Dunkerque. Voilà vingt ans que le 3e port français est la porte d’entrée des bananes guadeloupéennes et martiniquaises en métropole. Mais les flux étaient jusqu’à présent fondés sur de gros volumes à valeur ajoutée limitée. Les producteurs de banane ont mis en place un programme très ambitieux en créant une marque à forte valorisation, « la banane française ». Elle passe par la vente de bananes en bouquets de 3, 4, 5 et 6 pièces, enrubannées d’un adhésif inviolable, aux couleurs bleu, blanc, rouge, sur des présentoirs alvéolés. Ceci avec un prix établi au « doigt » et non au kilo.

 

Cette mise en valeur très poussée en magasins suppose une sélection pointue en amont et un conditionnement idoine. C’est là qu’intervient le site logistique de Dunfresh, à Loon-Plage. une première équipe d’une quarantaine d’opérateurs a été recrutée depuis le début de l’opération fin 2015, tandis que 2 M€ ont été investis par l’union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN) dans des lignes spécifiques : à peine débarqués des Antilles au terme d’un voyage de 10 jours, les fruits encore verts sont dispatchés, celés d’un ruban tricolore, flanqués d’un code barre, assujettis manuellement dans des cartons de 80 avant d’être expédiés vers des mûrisseries puis vers leur destination finale. Déjà 900 supermarchés et hypermarchés de toutes enseignes (hors hard discount) ont signé, l’UGPBAN visant les 4000 points de vente à terme.

 

Le cercle est très vertueux : pour la filière, qui retrouve une nouvelle jeunesse et une image qualitative, ainsi qu’un prix moyen supérieur de 25 centimes au kilo. Pour la grande distribution, qui évite avec le ruban inviolable une grosse quantité de casse (10% en moyenne sur le vrac). Et pour l’emploi régional : l’an prochain, les producteurs espèrent commercialiser 55 000 tonnes, soit 10% du marché. Il faudra alors 150 opérateurs sur le port de Dunkerque pour gérer ces fruits et assurer leur contrôle qualitatif

O.D.