EntreprendreEdito n°76-Novembre 2017

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Et si la méditation nous amenait à apprivoiser notre égo ?


Par Dorothée Schoutteten, consultante Quintesens.


dschouttetenVous avez entendu parler de près ou de loin de la méditation pleine conscience appelée encore mindfulness. La pleine conscience est la qualité de conscience qui émerge quand on tourne intentionnellement son esprit vers le moment présent. Son enseignement tend, notamment dans notre région, à trouver sa place en entreprise. Elle est souvent présentée comme permettant plus de discernement et de liberté dans nos vies souvent très agitées.

Formée depuis 2 ans au travers du programme MBSR, je vous partage une lecture qui a donné une autre dimension à ce que je pouvais percevoir de la méditation. Serge Marquis, dans son ouvrage « Le jour où je me suis aimé pour de vrai », propose la Présence comme chemin pour accepter son Ego et pour s’en libérer progressivement. La Présence consiste, face aux moments de stress quotidiens, à ne pas chercher à fuir ces instants par la distraction (en pensant à autre chose) ou l’action (en s’absorbant dans le travail ou un loisir) ; il s’agit au contraire de les accueillir et de les observer, dans un état particulier de conscience et d’éveil corporel qui permet d’éviter qu’ils s’aggravent. Mais au fait, c’est quoi l’Ego ? L’Ego est le “moi je”. Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même.

Vaste sujet me direz-vous… Et en quoi la méditation viendrait nous aider à « soigner notre ego » ?

Parce qu’on peut retrouver sa vraie identité quand s’arrête le tapage intérieur… c’est ce que permet la pleine conscience… cqfd.
La solution proposée semble tellement simple qu’elle en devient émouvante de vérité et de logique, au point de se muer en une réelle révélation. Alors que nous sommes abreuvés en permanence d’informations, de recommandations, de préconisations et que nous peinons à en faire le tri, un message simple nous est proposé : « le défi d’une vie consiste à découvrir la différence entre l’activité de l’égo et celle de la Présence. Cela signifie apprendre à distinguer les moments où l’attention est accaparée par le Moi (et sa peur de ne pas exister) de ceux où l’attention est totalement connectée à ce que perçoivent les sens ».

Cette expérience, nous l’avons vécue, physiquement, au sein d’un groupe de managers, quand, installés dans la salle depuis quelques temps déjà, l’instructeur MBSR, nous a demandé « d’arriver une seconde fois ». Tous individuellement, nous avons vécu ce transfert de l’attention, du moi, à nos sens.