TendancesEdito- n°61-mai 2016

Dominique Gorisse replante des emplois dans la Sambre


25 ans après avoir fondé sa société de régénération écologique Forêts et Paysages, au rayonnement désormais national, il lance son propre parc d'activités pour doubler de taille en coeur de Sambre.


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« Je suis très mauvais élève en communication ». Dominique Gorisse s’excuserait presque de ne pas aimer les lumières de la ville. Ce natif de la Sambre s’est pourtant fait un nom dans le monde de la renaturation végétale dans la France entière. Il franchit aujourd’hui une étape majeure avec le transfert de son entreprise sur un parc d’activités qu’il crée lui-même à Beaufort, non loin de Maubeuge, pour un investissement de 4 M€. Il n’a pas envisagé pour ce projet d’autre lieu que son village natal. C’est même dans la ferme familiale qu’il y est né il y a 53 ans, après ses 7 autres frères et sœurs. Puis élevé « à la dure », avec des valeurs du travail profondément ancrées en lui.

 

« A dix ans, je faisais des charretées de paille quand les autres partaient en vacances », sourit-il sans aucune amertume. Cet amoureux des arbres sent très vite sa vocation. Il s’y reprend trois fois, mais finit par intégrer un BTS forestier très sélectif à Annecy, complété d’études de gestion à Paris, interrompues pour s’occuper de son père. Après plusieurs expériences au Gabon comme stagiaire, comme fonctionnaire à la DDA de Rennes, puis comme commercial chez les pépinières Naudet, il se lance en 1991 à Beaufort en créant Forêts et Paysages, dédié à l’arbre, dans la forêt, la ville ou les cours d’eau. Ce dernier secteur représente 60% d’un chiffre d’affaires total de 4,5 M€ pour 50 salariés dont les trois quarts entrés par la porte de l’apprentissage.

 

Nul n’est prophète en son pays, et c’est plutôt hors du Nord, « qui a 50 ans de retard en matière de cours d’eau », que l’entreprise s’est développée. En revanche, son activité d’élagage d’arbres dangereux, plus localisée, est filialisée depuis 1995. Arbres Plus, dotée de 12 « élagueurs voltigeurs » très formés, mais aussi d’un matériel de pointe, traite à la fois les collectivités et un portefeuille de 4000 clients dans le grand nord de la France. Installé dans une maison de Beaufort qu’il admirait gamin, avec sa tour du XIIe siècle, et qu’il a pu racheter il y a quelques années, Dominique Gorisse est désormais à l’étroit, avec un parc machines qui ne cesse de grossir. Comme ces 8 pelles mécaniques avec leurs bras de 17 mètres, qu’il envoie dans toute la France au gré des chantiers… Aussi a-t-il saisi l’opportunité de construire un parc d’activités privé (ci-dessous), en bordure de la Nationale 2. L’entreprise y déménagera en fin d’été, sur un site calibré pour monter à 90 salariés dans les 5 ans. Le CA devrait avoir doublé d’ici là. Grâce aussi à la montée en puissance de la valorisation des sous-produits du groupe, soit pas moins de 20 000 tonnes par an, dont 6000 qui seront traitées dans le Nord. Des contrats sont déjà signés pour approvisionner des chaudières industrielles, avec 3 embauches.

 

Implantation du groupe Carré

Plusieurs autres parcelles sont à commercialiser, mais le groupe céréalier Carré, dont le dirigeant Frédéric Carré chasse régulièrement avec Dominique, a déjà signé. Et un lot ira à son beau-fils, maître armurier, qui porte un projet de Cyné-tir inédit : le pas de tir blindé et insonorisé mettra le chasseur en situation réelle avec des scènes vidéo de dérobades d’animaux. Le projet démarrera en septembre avec 5 emplois. Au total, ce parc en pleine pays rural pourrait héberger 120 à 150 emplois dans les cinq ans, espère Dominique Gorisse.

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Ces succès lui donnent-ils des ambitions? Nullement ! Très sollicité pour les municipales, par différents réseaux, y compris maçonniques, il a toujours décliné, faute de temps. Quand il a une heure, il préfère aller flâner dans le bois de 60 ha qu’il a acquis il y a quelque temps, et y croiser le regard d’un sanglier ou d’un chevreuil qu’il retrouvera sans doute un jour de chasse