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Cinq marques lilloises font cause commune


Cinq sociétés textiles et de déco lilloises mutualisent leurs marques dans une boutique du Vieux-Lille. Avec l'idée de franchiser le concept à terme.


 

SUperette 

L’une fabrique des vêtements liés à l’univers des motards. L’autre des pantoufles qui voisinent désormais avec des foulards pour hommes et des peaux de bêtes. Au total cinq entreprises se sont ainsi unies pour cet étalage improbable dans une boutique du Vieux Lille, lié à une ambition commune: exister sur le canal de la vente de détail. Trop cher en solo, mais accessible à plusieurs. C’est ce qui a présidé à la mise en place de ce projet rue du cirque, à deux pas de la la Cathédrale de la Treille. « La Supérette », c’est son nom, propose cinq marques lilloises, La Pantoufle à Pépère (charentaises), Gentlemen’s Factory (vêtements pour motards), Maison Thuret (peaux et tapis), Edie Grim (bar à manteaux) et Pochette Square (foulards et noeuds papillons).

Toutes sont issues de Label Story, un collectif de marques lancées d’abord dans le e-commerce. « A l’origine, l’idée était de partager ses expériences pour s’entraider sur des problématiques de pro- duction et de distribution. certaines en ont davantage dans le sourcing et la fabrication et nous ont aidé à monter en qualité. D’autres sur la partie commerciale et marketing », résume Laurent Scavone, créateur de Gentlemen’s Factory. Au-delà de la présence virtuelle sur le Net, le retail physique apparaît un passage obligé pour fidéliser une clientèle toujours désireuse de découvrir les créations en direct.

 

Démarche coopérative

 

L’idée d’une boutique commune émerge en juillet 2017. Mais l’affaire n’est pas simple. « Faire seulement cohabiter cinq marques est incohérent. Il fallait quelque chose de plus fort », remarque Laurent Scavone. Toutes les compétences sont mises à contribution. Le terme « Supérette » semble efficace pour souligner le caractère coopératif de la démarche. Laurent Scavone et Sébastien Descamps, les publicitaires de l’équipe, travaillent de leur côté sur l’identité visuelle de la future boutique et son merchandising. D’autres plus à l’aise en relations presse se chargent de mobiliser les blogueurs et les médias locaux. Pour porter juridiquement le projet, les créateurs optent pour le régime de la SARL. »Elle laisse plus de libertés et on peut y joindre un pacte d’actionnaires pour nous protéger les uns des autres », remarque Sébastien Descamps, fondateur de Pochette Square. Au total, le collectif investit 20 K€ en fonds propres dans l’aventure. Un mise de départ qui permet de réaménager le local et d’embaucher une vendeuse. Avec des ambitions raisonnées pour le démarrage, soit 15 K€ de ventes mensuelles.

createurs superette

Mais les créateurs se projettent déjà à l’étape d’après : ils aimeraient voir leur concept essaimer dans d’autres villes françaises. « Nous avons travaillé l’idée de supérette comme une franchise. Notre concept inédit peut s’exporter dans n’importe quelle ville. si d’autres marques veulent en ouvrir une, nous pouvons fournir le mobilier spécifique, le logo, la signature de marque et le merchandising », plaide Laurent Scavone. A bon entendeur…

E.V.