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Bruno Bonduelle: « Brexit ! But where will they go ? »


Dans la foulée du Brexit, Bruno Bonduelle appelle les décideurs économiques à positionner la métropole lilloise en nouvelle place financière européenne.


Le 18 octobre 2016

bonduelle_bdOù aller ? Paniquent les quelques milliers de Londoniens contraints de garder un pied en Europe pour poursuivre leurs activités financières.

A Francfort, à l’ombre de la Sky Tower de la B.C.E. ? A Paris qui les prendrait dans les bras de la Défense ? A Bruxelles, non loin du Berlaymont ? Savent-ils qu’en plein milieu du triangle de ces trois capitales européennes, il y a Lille ? Qui leur a dit qu’ils peuvent descendre de l’Eurostar ?

Au firmament des métropoles de classe internationale, Lyon est hors concours depuis… les frères Lumière. Nous étions brillants seconds. Mais voici qu’apparaissent de nouvelles étoiles, Nantes, Toulouse, Bordeaux. Depuis quelques années, Lille se repose sur ses lauriers 2004 et se laisse distancer. Et ce malgré son irremplaçable localisation, son prolongement transfrontalier, la fidélité à leurs racines familiales d’une quinzaine de multinationales à vocation mondiale.

Et voilà qu’une fenêtre de tir s’offre à nous, une chance inouïe qui a pour nom Brexit. Nous pouvons la saisir à peu de frais car tout est déjà financé, Eurostar, la gare Lille Europe, les réserves foncières d’Euralille à distance piétonne. Largement de quoi transporter et héberger quelques centaines de messieurs en costume gris-cravate à rayures rouges- attaché case noir, à la recherche d’un refuge dans l’espace européen. Là où citoyens, marchandises et… capitaux circulent librement.

Un pour cent de ces gentlemen au teint rubicond qui peuplent la City suffirait à notre bonheur sans oublier les experts, conseillers, audits, interprètes, et autres petites mains au service de ces VIP dans les hôtels, restaurants, taxis et autres bars branchés. Vantons leur notre business district, notre école bilingue, nos jeunes Edhec formés à la Finance, l’habitat horizontal auquel ils sont habitués et… nos 7×18 trous de golf. Tout cela à leur porte.

Encore faut-il leur vanter nos mérites. Les brochures-couleur de NFI ne suffiront pas. Alors qui va lobbyer à Londres ? Le Président Castelain ? Le Président Bertrand ? Le Haut Commissaire Vasseur ?

Le temps presse car l’Histoire ne repassera pas les plats. Si vous avez oublié vos versions latines, faites appel à Google qui vous traduira en un clic Tarde venientibus ossa.