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Brexit : le plan d’attaque de Nord France Invest pour attirer les entreprises britanniques


Yann Pittolet, directeur de Nord France Invest, nous explique comment l'agence de promotion économique entend surfer sur le Brexit pour attirer les projets britanniques sur notre sol. Dans le cadre d'un programme recentré sur l'Europe de proximité et moins le grand international. Interview


Quel était le dispositif Nord France Invest en direction de l’UK avant le Brexit et a-t-il été renforcé depuis?

Dans l’organisation fixée par le passé, l’action de Nord France Invest se concentrait majoritairement sur la détection et l’attraction d’investissements à capitaux étrangers issus du grand international. Les actions sur l’Europe, dont le Royaume-Uni, étaient surtout menées par les territoires.

Début 2016, en accord avec le Conseil Régional des Hauts-de-France et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région (financeurs de l’agence), l’orientation de Nord France Invest reprend la prospection sur l’Europe de proximité. Cette décision a été fixée dans le cadre de l’extension du périmètre de Nord France Invest à l’ensemble de la région Hauts-de-France. L’annonce du Brexit nous amène à renforcer et à spécifier nos actions sur le Royaume-Uni.

Que peut espérer la région? Quels secteurs sont privilégiés par Nord France Invest pour attirer des implantations post Brexit?

Les secteurs à forts enjeux sont ceux pour lesquels l’accès au marché unique est un facteur majeur de succès. Soit parce que les entreprises concernées présentent un taux d’export important vers l’Europe continentale. Soit parce qu’elles ont une supply chain complexe et un sourcing important sur le continent. Les secteurs fortement liés à des aspects réglementaires déterminants sont également ciblés. Outre les services financiers, c’est notamment le cas de l’automobile, l’industrie agroalimentaire, la logistique, la pharmacie et plus largement la santé.

Peut-on se battre pour attirer des acteurs de la City ou cible-t-on d’autres publics ?

Dans le secteur des services financiers il y a deux types d’entreprises.
Celles qui ont besoin d’être dans l’écosystème très pointu d’une place boursière comme Francfort, Amsterdam ou encore Paris. Et il y a d’autres sociétés de services financiers, plus petites, qui pourraient trouver dans la région un environnement adapté grâce à des coûts d’exploitation plus faibles que dans les grandes capitales financières.

Quelle destination privilégiée leur propose-t-on? Lille ou au-delà?

Sur ce secteur précis des services financiers, pour qui l’enjeu est de conserver le passeport européen, il faut clairement positionner Lille. La capitale régionale est le produit vitrine pour les activités de services car c’est une place tertiaire de premier plan au niveau national. Pour les activités industrielles et logistiques ou pour certains services aux entreprises, tous les territoires ont de véritables atouts à faire valoir.

Outre la campagne de communication du conseil régional, y a -t-il des initiatives particulières qui vont être menées par NFI ?

La campagne du Conseil Régional des Hauts-de-France va être renforcée par des actions complémentaires menées par Nord France Invest. Nous avons entrepris une campagne digitale pour une visibilité accrue des atouts de la région. En Janvier, nous animerons un séminaire à Coventry. Notre plan de prospection UK est jalonné par plusieurs missions. Outre la cible des entreprises britanniques, nous travaillons également les pays non européens ayant leurs sièges sociaux Europe au UK. C’est le cas de l’Inde où nous organisons une mission de prospection et deux séminaires en décembre.

 

Combien d’entreprises britanniques sont-elles déjà implantées chez nous?

125 établissements à capitaux britanniques sont implantés en Hauts-de-France. Ils représentent 7 500 emplois dans notre région. C’est peu comparé aux 526 établissements belges et 238 établissements allemands.

Le problème de Calais  et des accords du Touquet interfèrent-ils avec la démarche d’accueil d’investissements anglais?

Non. A notre niveau, ce sont 2 problématiques différentes.

 

Recueilli par Olivier Ducuing