Tribunes libresEdito n°75-Octobre 2017

Billet de Bruno Bonduelle: 2004-2024


L'ex-président de la CCI revient sur la candidature malheureuse de Lille au JO de 2004 et les potentielles retombées de Paris 2024 pour la métropole.


bonduelle_bd2004. Qui se souvient qu’avant de porter les couleurs de la Capitale européenne de la culture, cette année là fut indissociable des Jeux Oympiques à Lille ? Qui se souvient de cette folle candidature alors que les Anciens Combattants ne sont plus là. Francis Ampe, l’urbaniste qui voulait grâce aux Jeux remodeler la ville, a quitté celle-ci depuis longtemps. Quant à Pierre Mauroy, il repose sous son imposant mausolée de marbre noir à l’entrée du cimetière de l’Est.

 

 

Petit rappel pour les lecteurs d’Eco 121, dont certains n’étaient pas nés en 1996, année où fut lancé ce pari insensé. Paris ne candidate pas car Edouard Balladur, premier Ministre n’a pas de cadeau à faire au maire, Jacques Chirac. Lyon et Lille s’engouffrent dans la brèche. Lille l’emporte aisément à la primaire grâce à un excellent dossier. Dès lors, les Nordistes ne se sentent plus ! Buenos Aires, Saint-Petersbourg, Athènes, excusez du peu, n’ont qu’à bien se tenir ! Les roadshows se succèdent de Lausanne à Cancùn et surtout à Atlanta, dans la moiteur du sud où le souvenir de Scarlett O’Hara n’est jamais loin. Malheureux Président chaussé de baskets tant ses pieds le font souffrir. Faut-il qu’il aime sa ville car le sport n’est pas vraiment sa tasse de thé !

 

 

Et c’est Athènes qui l’emporte, contribuant à la faillite de la Grèce quelques années plus tard. « Qu’est-ce qu’on gagne si on perd ? » se consolait-on à l’avance à Lille, pressentant un échec car le CIO fait la moue devant une ville de province. Avec le recul du temps, considérons que nous avons beaucoup gagné : en notoriété pour une ville-carrefour qu’on situe désormais en bonne place sur la carte de l’Europe. En unité au sein du Grand Lille car désormais de Tournai à Lens, de Kortrijk à Douai, les maires ont joué le jeu. En fierté d’appartenance car les jeunes générations y voient un territoire d’avenir. Lille olympique 2004 fut enfin la matrice de la capitale culturelle, titre moins prestigieux certes mais comme dit le proverbe espagnol « un oiseau dans la main vaut mieux que mille dans le ciel ».

 

 

Vingt ans plus tard, Paris 2024 va nous apporter beaucoup. A une heure de TGV, une base arrière d’entraînement pour les équipes, certaines épreuves comme le football au stade Mauroy, l’athlétisme au Stadium, le vélo à Roubaix et, rêvons un peu, la nouvelle piscine olympique de Lille. Anne doit bien ça à sa copine Martine ! Un seul bémol, les milliards que l’Etat, c’est-à-dire vous et moi, allons dépenser pour accélérer les travaux du Grand-Paris Express. 200 km de métro automatique et 68 gares alors que le RER Grand Lille avec ses 4 gares n’est pas encore financé. Gageons qu’il sera achevé pour les JO de 2104 !